Paphiopedilum liemianum

Nord de Sumatra, Indonésie

Sur l’île de Sumatra, on peut trouver une dizaine de Paphiopedilum dont 6 sont endémiques. Cet article va s’intéresser au Paphiopedilum liemianum présent dans la partie nord de l’île, uniquement sur les premiers escarpements  d’un volcan nommé Sinabung qui culmine à 2450m d’altitude.

Cette plante fait partie de la section cochlopetalum, incluant 5 à 6 autres espèces présentes à Sumatra (P. liemianum, P. chamberlainianum, P. primulinum, P. victoria-mariae) et Java (P. glaucophyllum).

C’est une espèce très populaire pour sa facilité de culture mais surtout pour sa très longue floraison.

Historique

 

Espèce décrite en 1971 par Fowlie sur un spécimen collecté par Liem Khe Wie (nom local, A. Kolopaking, propriétaire de Simanis orchids) et nommé en son honneur.

 

C’est cette même année que J.B. Comber s’est rendu sur place et n’a trouvé que quelques individus, la grande majorité ayant été collectée par les guides et paysans pour le marché local et l’export vers Java. Au début des années 80, le site était de nouveau fortement peuplé, probablement grâce aux quelques colonies restantes sur le sommet très difficile d’accès.

La plante

 

Espèce portant 4 à 7 feuilles de 15 à 25cm de long et 4 à 8 cm de large, de couleur variant du vert plus ou moins sombre au vert clair et panaché. Le dessous des feuilles est taché de pourpre.

 

L’inflorescence érigée porte de nombreuses fleurs s’épanouissant successivement de 6 à 8 cm de diamètre, rose à violet, jaune pâle et vert. La fleur est proche de P. glaucophyllum mais l’espèce diffère fortement au niveau des feuilles.

Situation géographique

 

Ce Paphiopedilum n’est présent que sur les premières pentes du volcan Sinabung, plus précisément à Susuk, juste au dessus d’une carrière de dolomite. La ville la plus proche est Berastagi qui situé à 3-4 heures de voiture de la capitale Medan.

 

Habitat

 

Après une heure de marche de la route et quelques portions verticales à escalader, les premières plantes apparaissent. C’est entre 900 et 950 m que l’on trouve la plus forte densité. On rencontre certains individus isolés mais souvent des colonies pouvant atteindre plus de 50 pieds.

 

L’intensité lumineuse varie de 10 000 lux à plus de 25 000 lux au plus fort de la journée. Il faut noter que la couverture nuageuse évolue très rapidement, la moyenne de plein soleil va de 1h à 4h par jour. Les plantes étaient orientées plein est (plus rarement nord-est) et le couvert végétal du fait de la forte pente est clairsemé.

 

 

La majorité des plantes est lithophyte sur des parois presque verticales, parfois avec un peu de mousse et d’humus sur la roche calcaire et plus rarement terrestre sur une litière de feuilles. Peu d’autres plantes (fougères, graminées…) poussent à proximité directe de cette espèce probablement du fait de la verticalité et du manque de sol nutritif (là ou l’humus est plus important, la concurrence est trop forte pour que Paphiopedilum liemianum se développe).

 

La température, le jour, varie de 23 à 30°C et la nuit de 15 à 18°C.

La pluviométrie, très importante, est assez régulière tout au long de l’année. Les précipitations vont de 250 mm à 500 mm et il pleut entre 13 et 22 jours par mois.

L’humidité moyenne tourne autour de 80 à 85%.

 

Conclusion

 

Malgré l’abondance de plantes trouvées en 2008 et du fait de l’aire de répartition très restreinte de cette plante, on ne peut qu’être pessimiste quand à l’avenir de cette espèce.

J.B. Comber a montré qu’en une dizaine d’années les nouvelles générations pouvaient recoloniser ce pan de montagne une fois collecté. Mais aujourd’hui la collecte n’est plus  vraiment à craindre (la culture complètement maitrisée de cette espèce la rendant inutile). Le problème vient de la carrière située au pied de cette zone qui grignote jours après jour la montagne.

Notes

 

A proximité on peut trouver Coelogyne dayana, Eria javanica, Calanthe triplicata. Et au sommet de cet escarpement, il y a quelques Paphiopedilum tonsum poussant au sol sur de l’humus et des feuilles.

Culture

 

C’est une orchidée vigoureuse mais surtout très gratifiante de part sa très longue floraison (parfois plus de 6 mois).

Elle peut se cultiver en serre chaude ou tempérée, avec une très bonne luminosité mais sans soleil direct.

L’arrosage doit être fait lorsque le substrat est légèrement sec en hiver, et on peut maintenir un peu plus d’humidité l’été.

L’humidité ambiante est un plus, mais de nombreuses personnes les réussissent en appartement.

Un rempotage annuel dans du substrat fin à moyen est préférable.

La base de la réussite de cette plante est la qualité des racines. Si l’orchidée tient bien dans son pot, que vous lui offrez une bonne luminosité et que vous l’arrosez lorsqu’elle commence à sécher, vous aurez une très belle culture.

 

Nicolas Bougourd

La Cour des Orchidées

 

Toutes les informations, données et photos utilisées dans cet article ont été collectées lors d’un voyage à Sumatra en Août 2008.